Puisque tout passe, par Claire Chazal, éditions Grasset

Après avoir présenté durant vingt-quatre ans les journaux du week-end sur TF1, Claire Chazal est brutalement écartée de l’antenne en 2015. «Sale année 2015, qui aura vu la mort de ma mère, le départ de mon fils du nid que nous occupions tous les deux, et l’arrêt de ma carrière. Tout ça est dans l’ordre des choses, peut-être, mais je ne m’y résous pas.»

Trois ans plus tard, Claire Chazal publie Puisque tout passe. Ces fragments de vie, de courts chapitres qui tissent une toile impressionniste de la journaliste et de la femme, jettent un éclairage étonnant sur le personnage public. Le lecteur découvre effectivement une femme inquiète, fragile, parfois mélancolique, souvent solitaire. Malgré la pudeur des propos, les blessures sont perceptibles, compréhensibles, les blessures amoureuses en particulier. Claire Chazal s’interroge beaucoup, sur son métier, sur sa vie, sur le temps qui passe et qui l’effraye, sur la mort (celles de son père et de sa mère, mais sur la sienne propre aussi, qui laissera son fils François orphelin). L’auteur revient aussi sur son enfance, ses amies (dont l’une est une presque sœur), ses parents issus de milieu modeste et devenus enseignants tous les deux à force de détermination.

Claire Chazal avoue ne pas avoir eu la vocation journalistique. Elle aurait aimé être danseuse classique, activité qu’elle pratique aujourd’hui encore quotidiennement et qui contribue à son équilibre.  On devine aussi son attirance pour le théâtre et l’opéra. C’est Philippe Tesson qui l’engage au Quotidien de Paris en 1981 qui lui apprend à aimer avec passion ce métier qu’elle ne quittera plus.

Claire Chazal évoque aussi els hommes de sa vie, ne les désignant que par leurs prénoms. Elle se souvient aussi des moments les plus forts de l’actualité et qui ont jalonné sa carrière, du 11 septembre 2001 à l’assassinat d’Yitzhak Rabin en passant par la mort de la princesse Diana. La journaliste évoque aussi ses amitiés et ses admirations: Patrice Chéreau, Isabelle Adjani, Johnny Hallyday.

Si le portrait final est assez sombre, il reste optimiste. Claire Chazal explore ses peines, certes, mais «explorer ses peines est le contraire des regrets» affirme-t-elle. Un livre vrai, sincère, pudique, qui donne à découvrir la face cachée de celle qui brille encore sous le feu des projecteurs.

Puisque tout passe, par Claire Chazal, éditions Grasset, 2018, 196 pages

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