Le Paris d’Apollinaire, par Franck Balandier, Éditions Alexandrines

[RENTRÉE AUTOMNE 2018] J’ai déjà dit tout le bien  que je pense d’APO, l’excellent ouvrage de Franck Balandier aux éditions Le Cator Astral Et voici qu’APO est fort judicieusement accompagné d’un joli petit volume de l’excellente collection Le Paris des Écrivains des Éditions Alexandrines. Point de fiction en l’occurrence; Franck Balandier met sa plume au service d’Apollinaire et, surtout, de Paris. Le lecteur attrape donc Apollinaire lorsqu’il arrive à Paris. Il a dix-neuf ans et mange son pain noir. Il se lasse vite des petits boulots, voit deux de ses poèmes publiés par la revue La Plume et fréquente les soirées littéraires du café Le Soleil d’or. Apollinaire sait déjà où il faut se montrer et qui il faut fréquenter, comme il saura, plus tard, détecter la concurrence et, parfois, s’en servir: la modernité de Zone entre en effet en concurrence directe avec celle des Pâques à New York de Blaise Cendrars, qui deviendra son ami, mais qu’il se gardera pourtant bien de recommander au Mercure de France.

Franck Balandier n’oublie rien, ni les amours, de Marie Laurencin à Jacqueline, en passant par Lou, ni les démêlés avec la justice (qui font le cœur d’APO), ni l’invention d’un nouveau mot par le poète (surréaliste), ni sa blessure de guerre, ni sa mort, le jour même de l’abdication de Guillaume II.

Ce qui est particulièrement mis en lumière, et c’est le principe même de cette excellente collection, ce son les lieux, les coins de Paris, inconnus ou célèbres, les cafés, les bâtiments, les monuments, les statues. Une promenade historique et poétique dans la capitale que l’on découvre avec les yeux d’Apollinaire. Un Apollinaire servi par la plume sensible de Franck Balandier, son style percutant, adaptant la syntaxe aux circonstances, alternant les rafales de phrases courtes, véritables coups de pinceau d’une toile impressionniste, et les phrases plus longues, plus construites. Le résultat est à glisser dans les poches de son blouson pour marcher dans ce Paris des années 1910 et ce, quelque soit l’endroit du monde où on se trouve.

Le Paris d’Apollinaire, par Franck Balandier, Éditions Alexandrines, 2018, 121 pages.

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