Lettres à Joséphine, par Nicolas Rey, éditions Au Diable Vauvert
AUTOBIOGRAPHIE , EROTIQUE , ROMAN / 24 février 2019

Il est regrettable que quatre-vingt pour cent des lecteurs de romans soient des lectrices. Car les hommes, et même ceux d’un certain âge pour ne pas dire d’un âge certain, trouveraient à se nourrir de ces Lettres à Joséphine. On connaît le penchant de Nicolas Rey pour les romans autobiographiques. On ne s’aventurera pas à deviner le degré autobiographique de celui-ci, même si le signataire des lettres n’est autre que Nicolas Rey. Mais on en appréciera la justesse de ton et la très probable sincérité. Qu’est-ce que la passion. L’auteur va en chercher une superbe définition chez Brautigan : «Il comprit pendant ce trajet que le monde se divisait en deux catégories antinomiques. Ce fut pour lui une illumination, une découverte. Non pas les riches et les pauvres, les dominants et les dominés, ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ne l’ont pas. Cela, ce sont des catégories secondaires, bien visibles, non essentielles, quasiment anecdotiques dont la première raison d’être est d’occulter la véritable partition de la réalité. Non, le monde se divise entre ceux qui vivent l’urgence et la beauté suffocante d’une folle passion et ceux qui ne vivent pas l’urgence et la beauté suffocante, étourdissante, obsessionnelle d’une folle…