Plus tard, je serai un enfant, par Eric-Emmanuel Schmitt, entretiens avec Catherine Lalanne, Bayard éditions

Excellente idée que cette collection L’Atelier de l‘enfance publiée par Bayard Editions. De quoi s’agit-il ? Tenter de découvrir dans quel jardin pousse l’herbe d’un artiste. Eric-Emmanuel Schmitt répond aux questions de Catherine Lalanne, rédactrice en chef à l’hebdomadaire Pèlerin et directrice de la collection.

Le romancier et dramaturge nous apprend dans la préface, qu’il na pas eu la même enfance toute sa vie et que ce volume nous donne à découvrir l’enfance de ses 50 ans. Et de conclure cette mise en bouche en nous révélant qu’aujourd’hui, il est devenu son propre enfant.

Premier constat, Eric-Emmanuel Schmitt et Catherine Lalanne se connaissent bien et se font confiance. Au point que l’écrivain a confié à la directrice de collection quelques photos tirées directement de l’album de famille. Elles figurent en fin d’ouvrage. Le lecteur commence son voyage au pays de l’enfance d’Eric-Emmanuel Schmitt sur un balcon. Celui de l’appartement que ses parents habitent à Lyon et qui permet au bambin de prendre de la hauteur en embrassant le monde du regard. Il découvre aussi, ce lecteur, l’importance d’un grand-père capable de saupoudrer la vie de paillettes d’or.

Très vite, le jeune Eric-Emmanuel est un lecteur insatiable. Il apprend quasiment à lire avec Tintin, attend impatiemment la publication de chaque volume des aventures d’Astérix. Suivront les classiques durant l’enfance, les philosophes à l’aube de l’adolescence.

Pourtant, la vocation profonde du jeune Eric-Emmanuel (et elle l’est toujours) n’est pas la littérature, mais la musique. Et l’auteur de confier que «Si Méphistophélès, le ministre de Satan, apparaissait et me proposait d’effacer tout ce que j’ai déjà écrit pour devenir l’auteur d’un air de Mozart ou d’un prélude de Chopin, je lui dirais «oui» aussitôt». On découvre aussi, grâce aux questions subtiles de Catherine Lalanne, comment est née la vocation de dramaturge de l’auteur et pourquoi il a acheté le théâtre Rive Gauche à Paris. Au fil des pages, on constate qu’Eric-Emmanuel Schmitt est un hymne à la joie. Non pas qu’il soit naïf et ne comprenne rien à l’état du monde (lisez Ulyssse fron Bagdad), il voit simplement le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Ces entretiens ont, semble-t-il, été menés sur la fin ou juste avant la publication de La Nuit de feu, roman dans lequel Eric-Emmanuel Schmitt révèle sa rencontre avec la foi. Catherine Lalanne revient subtilement sur cette révélation, mais aussi sur le chemin qui y a mené. Très sensible et très fin également, l’entretien avec Jeannine, la maman d’Eric-Emmanuel.

Avec ces entretiens, ceux qui ne connaissent de l’auteur que ces romans ou ses pièces de théâtre découvriront l’homme et la matière dont il est fait. Ceux qui connaissent un peu la vie d’Eric-Emmanuel Schmitt découvriront des aspects inattendus de son parcours, de ses motivations et de sa création. Il est dit beaucoup dans ces presque cent quatre-vingt pages, mais avec pudeur. C’est le résultat d’entretiens menés avec tact et talent par une interlocutrice qui a su, c’est rare, se faire discrète.

Plus tard, je serai un enfant, par Eric-Emmanuel Schmitt, entretiens avec Catherine Lalanne, Bayard Editions, 176 pages

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