Le vertige des falaises, par Gilles Paris, éditions Plon

Avec Le vertiges des falaises, Gilles Paris nous offre un roman impressionniste, peint touche par touche, voix après voix. Car il s’agit bien d’un roman choral. Et ce sont essentiellement les voix de femmes qui se font entendre, en particulier celles qui habitent Glass, la maison de verre et d’acier bâtie sur l’Ile par Aristide, architecte hors norme et grand-père de Marnie.

Marnie  a quatorze ans, Marnie a cent ans. Elle sait des choses, parce qu’elle écroute aux portes et observe par le trou des serrures de cette maison tellement grande qu’elle en ignore le nombre de pièces. Celle que l’on surnomme la bâtarde connaît donc tous les secrets de Glass. Elle sait qu’Aristide bat Olivia, sa grand-mère qui règne sur l’Ile avec prestance, dignité et fermeté. Car il faut éviter les scandales, à coup de chèques si nécessaire. Scandales provoqués par Luc, son fils, le père de Marnie, joueur invétéré, coureur de jupons et amateur de bolides.

Victime de la violence extrême de son mari, Olivia est une solitaire dont le secret n’est connu, croit-elle que de Prudence, la gouvernante, Côme, son confesseur, et Géraud, le médecin qu’elle connaît depuis l’enfance et dont elle a toujours repoussé les timides avances. Lorsque Luc épouse Rose et que cette dernière s’installe à Glass, Olivia retrouve une certaine joie de vivre. Et l’arrivée de Marnie éclaire sa vie, lui donne un sens. Mais Rose est condamnée par la maladie. Et ce n’est pas le seul drame qui frappe cette maison qui n’a de transparence que l’apparence.

Avec la plume qui a fait le succès d’Autobiographie d’une courgette, Gilles Paris se glisse dans la peau de chaque personnage, lui donne une âme, une consistance, une voix, une épaisseur. De courts chapitres donnent successivement la parole aux protagonistes de cette histoire en quasi vase clos. Il y a l’Ile, à laquelle seul Luc préférera le Continent; et sur l’Ile, il y a Glass, et ses secrets.

En phrases courtes, Gilles Paris nous offre un roman rythmé qui jette une lumière crue sur la violence conjugale et qui démontre avec talent qu’il n’y a pas d’âge pour grandir… ou pas!

Le vertige des falaises, par Gilles Paris, éditions Plon, 2017, 247 pages.

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