La Nuit je mens, par Cathy Galliègue, éditions Albin Michel

Il faut avoir beaucoup vécu, beaucoup souffert et, surtout, beaucoup aimé pour écrire un roman de cette trempe. La Nuit je mens est un roman d’amour, ou plutôt un roman d’amours. A commencer par l’amour inconditionnel, obsédant, total, celui de Mathilde pour Guillaume. Un premier amour à sens unique ou presque, une histoire qui n’est pas à l’eau de rose, mais qui relève plutôt de l’au-delà! Car Guillaume s’est donné la mort. Mais il continue de hanter la vie de Mathilde qui, dans l’intervalle, a rencontré Gaspard.

Amour ou désamour fraternel ensuite. Mathilde et Constance sont jumelles, mais tout les oppose. Et lorsqu’il s’intéressera à Mathilde, Gaspard croira avoir affaire à Constance… Mais les jumelles se détestent et il faudra l’intervention de la mère de Gaspard pour qu’elles se rapprochent.

Amour filial enfin. Cathy Galliègue décrit avec une grande finesse les rapports de Mathilde avec ses parents, ceux de Gaspard avec les siens et même, en passant, ceux qui n’unissent pas Guillaume à son père.

«Un amour jusqu’au frontière de la folie» nous dit la quatrième de couverture. Pas si sûr! Car qu’est-ce que la folie? «La normalité ne serait-elle finalement qu’un compromis?» interroge fort justement Cathy Galliègue. Mathilde ne fait que très peu de compromis. Gaspard en fait trop. Et finalement, qu’est-ce qui va probablement sauver Mathilde et Gaspard? Les mots. «J’aime chercher les mots justes parce que les mots ont tous les pouvoirs.» Et c’est aussi probablement ce qui a perdu Guillaume, l’absence de mots.

Les mots, Cathy Galliègue les utilise avec beaucoup de sensibilité et de finesse. Là où le lecteur s’attend à voir apparaître le mot gifle, elle utilise giroflée à cinq feuilles. Et lorsqu’elle flirte avec l’érotisme, l’auteure le fait encore avec beaucoup de tact et de finesse. «Guillaume, Gaspard. Un G ancré comme un point bien planqué, profond, sensible

Cathy Galliègue nous offre un premier roman très réussi et on se réjouit de découvrir la suite de son travail dans les années à venir. Son secret? Il se trouve peut-être à la page 211 de son roman: «Ecrire, c’est parler dans la nuit à quelqu’un qu’on aime très fort.»

La Nuit je mens, par Cathy Galliègue, éditions Albin Michel, 2017, 217 pages

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