La Petite Fille dans le miroir, par Marie Javet, édition Plaisir de lire

Marie Javet aime les mises en abîme. Le titre de son roman est aussi celui du livre que publie son héroïne, June Lajoie, cloîtrée dans un palace d’Interlaken pour réviser son manuscrit.

Mais June n’a pas toujours été June, elle a d’abord été Lizzie Willow, fille de très bonne famille américaine partie faire ses études à Montreux de 1986 à 1992. Durant cette période, et pour se défaire de l’étiquette «gosse de riche» qui lui colle à la peau, elle s’invente une troisième identité: Sybil.

Tout ce passé va éclater au visage de la quadragénaire devenue écrivain à succès. Le détonateur est une apparition, celle d’une petite fille de huit ou neuf ans, dans le miroir de sa chambre d’hôtel. June veut connaître les raison de cette apparition et enquête. Elle va découvrir le drame de l’enfant, drame qui résonne avec celui de sa propre existence alors qu’elle jouait sa vie de Sybil.

Marie Javet nous livre une histoire fort bien construite dans une langue qui, si elle ne révolutionnera pas la littérature du 21è siècle, reste de très bonne facture. Les lieux sont décrits avec justesse et des événements réels, comme le Leysin Rock Festival, ravivent les souvenirs des lecteurs romands. La bande son joue un rôle important dans ce roman. Trois chansons, Perfect Day de Lou Reed, Karma Police de Radiohead et Tears in Heaven d’Eric Clapton sont quasiment des personnages de cette intrigue nouée avec talent.

La Petite Fille dans le miroir, par Marie Javet, éditions Plaisir de lire, 211 pages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*