Bande originale de De ça je me console, par Lola Lafon
BANDE ORIGINALE , ROMAN / 11 janvier 2018

Roman rendant hommage à la grâce d’un père disparu, un père capable de vous envoyer à Rome, puis à Paris pour que vous échappiez à la Roumanie de Ceausescu, De ça je me console offre également une bande son de qualité. Un écrivain habite dans la même maison qu’Emylina : «il écoute les Stones avec moi dans la cuisine en faisant des beignets de courgettes». La sœur d’Emylina aime les chevaux et pleure leur mort dans les films : «Ma sœur pleurait la mort des chevaux (Il s’appelait Stewball), de tous les chevaux qui tombaient dans tous les films parce que, et elle me chantonnait ça, tremblante de ce qu’elle prononçait: « Une fois qu’ils tombent, on les abat, je te jure, ils meurent pour le film »». Emylina classe les morts en deux catégories : «Les morts d’actualité, certains touchants dans leur anonymat, même si je ne les rencontrais qu’une fois morts, leur vie racontée dans les quotidiens» et puis «Les morts qui l’avaient toujours été de mon vivant, aimables et tendres comme Sid Vicious, Audrey Hepburn et Nijinski.» Emylina note dans un cahier ce qu’elle croit comprendre de son amie italienne: «(J’ai relu récemment, ç a donne: Musique: « Radiohead, Jeff…

La Petite Fille dans le miroir, par Marie Javet, édition Plaisir de lire
CRITIQUE , ROMAN / 2 juillet 2017

Marie Javet aime les mises en abîme. Le titre de son roman est aussi celui du livre que publie son héroïne, June Lajoie, cloîtrée dans un palace d’Interlaken pour réviser son manuscrit. Mais June n’a pas toujours été June, elle a d’abord été Lizzie Willow, fille de très bonne famille américaine partie faire ses études à Montreux de 1986 à 1992. Durant cette période, et pour se défaire de l’étiquette «gosse de riche» qui lui colle à la peau, elle s’invente une troisième identité: Sybil. Tout ce passé va éclater au visage de la quadragénaire devenue écrivain à succès. Le détonateur est une apparition, celle d’une petite fille de huit ou neuf ans, dans le miroir de sa chambre d’hôtel. June veut connaître les raison de cette apparition et enquête. Elle va découvrir le drame de l’enfant, drame qui résonne avec celui de sa propre existence alors qu’elle jouait sa vie de Sybil. Marie Javet nous livre une histoire fort bien construite dans une langue qui, si elle ne révolutionnera pas la littérature du 21è siècle, reste de très bonne facture. Les lieux sont décrits avec justesse et des événements réels, comme le Leysin Rock Festival, ravivent les souvenirs des…