L’été des charognes, par Simon Johannin, éditions Allia

Simon Johannin n’a que vingt-trois ans. Avec L’été des charognes, il signe un premier roman coup de poing qui laisse le lecteur ko. Tout commence par une scène de lapidation d’un chien. L’été des charognes porte bien son nom et les cadavres de chiens, de chats, de poules, de moutons et autres chevaux ne manquent pas. Il ne faut pas avoir mangé trop gras ou trop lourd avant d’attaquer la lecture de ce roman fulgurant.

Le narrateur est un môme qui grandit dans un hameau du Tarn. Pas d’Internet et pas de portable, on s’occupe en se jetant des cailloux à la gueule ou en déterrant des os de cadavres d’animaux. On apprend aussi à boire très vite, et beaucoup. Au hameau, ce sont les mômes qui conduisent les voitures quand leurs parents sont trop bourrés pour le faire

A la campagne, la vie est dure, la communication minimalistes et les roustes et les mandales font office d’éducation. Pas de misérabilisme ni de pleurnicherie pourtant dans l’écriture ciselée de Simon Johannin. Les cent quarante pages menées avec brio nous font passer de la prime enfance à l’école. Là, les mômes du hameau sont confrontés à ceux des gros villages de la vallée et une fois de plus, les choses se règlent à coups de poings et de pieds. Les dernières pages nous donnent à découvrir le narrateur quelques années et quelques amours déçues plus tard. Et franchement pas en très bon état. Une scène plutôt inattendue vient conclure d’un trait de lumière de roman qui a la couleur du sang séché, des abats, des viscères et des pires turbulences de l’âme. Un portrait sans concession de la ruralité la plus âpre, mais aussi la naissance d’un écrivain, un grand!

 

L’été des charognes, par Simon Johannin, éditions Allia, 140 pages

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