Bande originale de Gazoline Tango, par Franck Balandier

Un roman qui se décline en partitions plutôt qu’en chapitres méritait bien que l’on se penche sur sa bande son. Ce d’autant plus que le sujet central du roman est… le silence. La critique est à lire aussi.

Tout commence par une épigraphe de John Cage: «Jusqu’à ma mort, il y aura toujours du bruit et il continuera à me suivre même après.»

Pas de chapitres donc, mais des partitions, chacune associée à une œuvre musicale. Partition 1: Prélude en do majeur, de Jean-Sébastien Bach, BWV 846

La première partition nous raconte la naissance de Benjamin Granger, le 11 juillet 1983. Sa mère, Isabelle, est batteuse dans un groupe de punk. Et l’auteur de faire référence au slogan des années punk, No future!, un slogan mis en musique à l’époque par les Sex Pistols.

Le groupe d’Isabelle s’appelle The Naked Tits (traduction, les seins nus). Un groupe imaginaire bien sûr, même si un tel groupe a existé à la fin des année 70, The Ladybirds.

Le titre du roman est assez rapidement explicité. Gazoline Tango est le morceau phare du répertoire de The Naked Tits. Après recherche, aucune chanson ne porte ce titre, mais nous avons trouvé un Gasoline interprété par le groupe Tango Alpha Tango.

Cliquer sur l’image pour écouter

La partition 2 est toujours placée sous le signe de Jean-Sébastien Bach: Cantate «Jésus que ma joie demeure», BWV 147

La cantate joue son rôle dans cette partition. Benjamin grandit entre Mémé Lucienne, l’abbé Germain qui lui joue de l’harmonium, le seul son qu’il supporte avec celui des mots, en particulier ceux chuchotés par Isidore, le black qui raconte des histoires et récite des poèmes. Avec Isidore, Benjamin apprend aussi à lire. Une baffe de Mémé Lucienne le fait sortir de l’enfance.

La partition 3 est toujours de Jean-Sébastien Bach: L’art de la fugue, BWV 1080

Benjamin a grandi, il a rencontré Lola, fille d’une famille de gitans sédentarisés en raison de la maladie de la mère. Il découvre aussi les joies de la piscine et du silence que procure l’eau lorsqu’il se laisse envelopper. Le maître nageur, que tout le monde surnomme Tarzan, souhaite faire de Benjamin le nouveau Johnny Weissmüller et lui donne des cours de natation après la fermeture du bassin. Lola le rejoint à la fin des cours, l’occasion pour le jeune homme de connaître ses premiers émois.

C’est encore Jean-Sébastien Bach qui signe la partition 4: Oratorio de Noël BWV 248-1 à 248-6.

Nous sommes bien à Noël. Noël 2003. Et la petite communauté de la cité des peintres se réunit autour du père Germain pour la messe de minuit. Plus de vin pour le calice, il faut se contenter d’eau. Et l’hostie est avantageusement remplacée par des champignons hallucinogènes. Avant que ces derniers ne fassent effet, le père Germain a le temps de jouer de l’harmonium. L’occasion aussi pour l’auteur d’évoquer deux chants traditionnels de Noël, Il est né le divin enfant et Petit papa Noël.

Nous voici au mitan du roman, Partition 5 pour laquelle Franck Balandier convoque Mozart et l’air du Commandeur de Don Giovanni.

C’est au moment où le père Germain attaque l’air du Commandeur de Don Giovanni sur son harmonium que les portes de l’église s’ouvrent et laissent apparaître un personnage inattendu. La petite troupe rassemblée pour la messe de minuit va-t-elle enfin voir Dieu en face?

On baisse d’un ton avec la Partition 6: Messe basse de Gabriel Fauré.

La Partition 7 nous ouvre le monde du silence avec le Concerto silencieux 4’33 » de John Cage.

Benjamin est doublement plongé dans le silence. Il a trouvé un emploi de plongeur affecté au curage de canaux et de rivières et il a rencontré Noémie, sourde-muette qui devient son amoureuse. Pendant ce temps, à la cité des peintres, la nouvelle est tombée. Les tours vont être détruites. Tous les habitants se résignent à quitter le quartier, sauf le père Germain qui invective les représentants de la loi du haut du quatorzième étage alors que tout le monde pense qu’il aurait mieux fait de rester dans son église à jouer du Jean-Sébastien Bach.

Sur son toit, le père Germain fait allusion à deux chansons signées Gainsbourg.

Retour de Jean-Sébastien Bach pour la Partition 8: Concerto brandebourgeois n° 5 en ré majeur, BWV 1050.

Benjamin a hérité une coquette somme de Mémé Lucienne, le fruit de son commerce d’herbe qui fait rigoler. Benjamin décide de partir, la cité des peintres étant en cours de démolition. Il aurait pu choisir la cité des musiciens et sa rue Jean-Sébastien Bach.

Isidore lui suggère le Sénégal et son village natal qu’il tient absolument à revoir avant de mourir. Pour bien marquer sa détermination, Isidore chante Ma Normandie.

Jean-Sébastien Bach encore pour la Partition 9 avec L’Offrande musicale, BWV 1079.

Benjamin a perdu l’ouïe en restant trop longuement sous l’eau de son fleuve sénégalais. Il subit une série de tests à l’hôpital de Dakar. Sourd, il est sourd. Mais en lui faisant entendre L’Offrande musicale, les médecins découvrent qu’il souffre de synesthésie.

La partition 10 est la dernière et elle nous réserve une belle surprise: Kick Out the Jams du groupe MC5.

Benjamin écrit à sa mère pour lui demander de lui envoyer une musique suffisamment violente pour lui confirmer qu’il était bel et bien définitivement sourd. Isabelle lui envoie les MC5, un groupe de Détroit.

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