L’humanité, apothéose ou apocalypse?, par Jean-Louis Servan-Schreiber, éditions Fayard

[RENTREE AUTOMNE 2017] «J’ai conçu ce livre, d’un journaliste et non d’un savant, comme un survol de ce qui se présente à l’humanité dans un moment de l’histoire où semblent culminer pour notre espèce les risques comme les opportunités.» Jean-Louis Servan-Schreiber est effectivement factuel, comme l’était encore le journalisme il y a quelques années. Il ne cède pas aux sirènes du journalisme actuel, victime du court-termisme que l’auteur dénonçait déjà en 2010 dans Trop vite! Afin de déterminer si l’humanité va (trop vite!) vers l’apothéose ou vers l’apocalypse, l’auteur passe en revue plus d’une vingtaine de thématiques, de la démographie au posthumanisme, en passant par les inégalités, la faim dans le monde, les robots, la fin du travail, le déficit de sens ou la finance.

Jean-Louis Servan-Schreiber nous rappelle sans cesse qu’il y a deux manières de voir le verre: à moitié vide ou à moitié plein. Lui a tendance à le voir plutôt plein: «Bien que très loin d’une société idéale, nous sommes pourtant en train de vivre ce que l’humanité traverse de mieux depuis ses origines.» Mais point d’optimisme béat dans ces pages.

Avec Djénane Kareh Tager, journaliste et amie, Jean-Louis Servan-Schreiber a mené une vingtaine d’entretiens avec des penseurs, des philosophes, des scientifiques, parmi lesquels, Corinne Lepage, Erik Orsenna, Jacques Attali, André Comte-Sponville, Axel Kahn ou Edgar Morin. La plupart d’entre eux dresse un paysage assez inquiétant de l’avenir.

Ce qui frappe à de multiples reprises, c’est la difficulté qu’a la démocratie (qu’ont les différentes formes de démocratie) à se situer dans ce monde nouveau et ultrarapide: «L’écart entre l’ignorance de ceux qui décident et l’impuissance de ceux qui savent met en péril la démocratie.» Mais on l’a dit, Jean-Louis Servan-Schreiber est un pragmatique (et un fervent défenseur de la planète): «Comme pour tout ce qui vit, le programme de l’humanité tient en trois priorités: se nourrir, se reproduire, survivre.»

Reste à répondre à la question posée par le titre de cet essai. L’humanité, apothéose ou apocalypse? Pour l’apocalypse, Jean-Louis Servan-Schreiber se réfère à ses fameux quatre cavaliers qui, dans les temps bibliques, symbolisaient les quatre grandes peurs des humains: la guerre, la famine, les fléaux divers et la mort. Pour l’auteur, les quatre cavaliers modernes sont la démographie, la consommation, la technologie et la financiarisation. Pas de quoi être optimistes, sauf si, comme l’auteur, on envisage un cinquième cavalier; l’humanisme.

L’humanité, apothéose ou apocalypse?, par Jean-Louis Servan-Schreiber, éditions Fayard, 2017, 300 pages

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