La voix de son maître, par Azouz Begag, Editions La Joie de lire

Azouz Begag est chercheur au CNRS, parolier de chansons, scénariste pour la télévision et il a enseigné aux Etats-Unis. De 2005 à 2007, il a aussi été ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Quelques clés qui permettent de bien comprendre son dernier roman, La voix de son maître.

«Qui peut me dire comment l’exil vient aux errants». Cet extrait de la chanson Je Pars, de Nicolas Peyrac aurait parfaitement trouvé sa place dans le roman d’Azouz Begag, roman qui est par ailleurs truffé de chansons et de références musicales. Sauf que dans le cas de Samir Ajaar, cet exil est temporaire et qu’il pourrait bien mettre fin à l’errance. Ajaar qui se réfère régulièrement au Chien Blanc de Romain Gary. L’homonymie n’est forcément pas un hasard.

Samir s’ennuie dans son couple, il déprime, se morfond, crise profonde de la quarantaine. Et c’est en entendant son frère Nabil chanter L’Amérique de Joe Dassin qu’il décide de partir. Grâce à Bill, un ancien camarade d’études américain, il dégotte un poste temporaire à UCLA.

Entre les sautes d’humeur schizophréniques de Bill, son désir inassouvi de Jane, fortunée célibataire de Mulholand Drive, et une étudiante qu’il nomme Paris Hilton, Samir ne trouve sa place nulle part, blanc pour les noirs, noir pour les blancs.

Si La voix de son maître est la marque du téléviseur que son père pulvérise à coups de massette de maçon, un fameux 21 juillet 1969, privant le jeune Samir du premier pas de l’homme sur la lune, c’est aussi la voix de ce père à la droiture inflexible.

Azouz Begag signe un livre léger pour traiter de sujets graves. Le lecteur est par exemple effrayé par la description d’un meeting de Sarah Palin lors de la campagne électorale américaine de 2008. Samir souffre davantage de la perception qu’il a de lui-même que d’un véritable rejet de la société. A ce titre, ce roman nous parle davantage de classe ou de position sociale que de racisme ou d’intégration. Il n’en est que plus universel.

 

La voix de son maître, par Azouz Begag, Editions La Joie de lire, 283 pages

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