La malédiction de Svetlana, par Beata de Robien, Editions Albin Michel

1967. La fille de Staline fait défection. Avant d’être accueillie à New-York dans une effervescence comparable à celle provoquée par les Beatles trois ans auparavant, Svetlana transite par la Suisse avec pour seul viatique le manuscrit de sa première autobiographie. Un livre qui lui fera gagner des millions de dollars et dans lequel elle raconte sa vie au Kremlin. Une vie que Beata de Robien nous restitue dans le détail, du suicide de sa mère Nadia alors qu’elle n’a pas sept ans, à ses trois mariages en Russie, mariages dont sont nés deux enfants, Ossia et Katia. Elle les laissera derrière elle en fuyant vers l’ouest. C’est un voyage en Inde, où elle a été autorisée à se rendre pour rapatrier les cendres de sont amant/mari Brajesh Singh, qui lui donne l’occasion de quitter l’URSS, début mars 1967.

Installée aux Etats-Unis, fortune faire grâce aux droits de sa première autobiographie, Svetlana mène une vie confortable, même si elle distribue généreusement sa fortune à des œuvres de bienfaisance. C’est son quatrième mari, Wesley Peters, qui la ruinera. Elle éponge ses dettes, finance les expériences agricoles de son fils et se place sous la coupe de la veuve de l’architecte Frank Lloyd Wright. Cette dernière a fondé une quasi secte aux règles strictes, règles auxquelles Wesley se soumet sans réserve. Wesley et Svetlana auront une fille, Olga, à laquelle Svetlana tente d’offrir un avenir digne de ce nom, notamment en finançant ses études en Angleterre. Ruinée par Wes, Svetlana finira se vie à l’hospice, dans la misère et la solitude.

Le travail de recherches de Beata de Robien pour cette biographie est phénoménal. L’auteur a eu accès à des documents déclassifiée par le FBI et la CIA ainsi que par la Confédération suisse. L’occasion de découvrir la fille de Staline dans toute sa complexité, à la fois touchante et détestable. Une manière intéressante et intelligente d’ausculter l’histoire par le petit bout de la lorgnette.

La malédiction de Svetlana, par Beata de Robien, éditions Albin Michel, 526 pages

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