Jeux de dame, par Thierry Dancourt, éditions de La Table ronde

[RENTREE AUTOMNE 2017] Paris. Berlin. Trieste. Nous sommes au début de l’année 1961, le mur de Berlin n’a pas encore été érigé, il le sera en août de la même année. A Paris, Pascal Clerville effectue une mission au Palais des colonies (devenu musée de l’histoire de l’immigration depuis 2007). Il rencontre Solange Darnal, une habituée du musée et, en particulier, de son Aquarium, situé en sous-sol.

Alors qu’elle ne le connaît qu’à peine, Solange demande à Pascal s’il veut bien arroser régulièrement ses plantes vertes durant son absence, son appartement étant tout proche du Palais où il travaille. Il doit aussi démarrer régulièrement la voiture de Solange, une Volvo P1800, afin de maintenir la batterie en vie. En effectuant ces tâches, Pascal fait la connaissance de Madame Hutin, voisine de Solange et ancienne amie de la mère de Solange, Rose Darnal. Grâce à Madame Hutin, Pascal va en apprendre davantage sur cette Solange qu’il connaît si peu. Il va également découvrir, dans la boîte à gants de la Volvo, un passeport orné de la photo de Solange mais qui n’est pas établi à son nom…

Solange, qui prétend travailler pour le Conseil économique et social, est à Berlin où elle collabore avec Marc Jeanson, qui est aussi son amant, sous les ordres d’un certain Kapell. Le lecteur comprend rapidement que Solange travaille pour les services secrets. La préparation du premier vol habité dans l’espace par l’URSS est au centre de ses préoccupations. De retour à Paris, Solange vit une véritable histoire d’amour avec Pascal. Elle quitte le « service » et part s’installer à Trieste avec son homme. Les tourtereaux y vivent dans le calme jusqu’au jour où un certain Marc Jeanson aborde Pascal Clerville dans une petite rue de Trieste.

Thierry Dancourt aime les villes, l’architecture et l’urbanisme. Il décrit les quartiers, les rues, les bâtiments, avec une précision chirurgicale, et c’est cette précision qui révèle l’âme des lieux au lecteur. Autre grande force de ce roman qu’il faut bien appeler d’espionnage, il est dépourvu d’action directe. Le lecteur découvre ce qui s’est passé au travers de coupures de presse ou de conversations entre les différents protagonistes. Il y a, dans ce roman,une sorte de lenteur qui, paradoxalement, pousse le lecteur à tourner la page avec convoitise. Un  lecteur qui, et on aime ça, doit aussi faire sa part de travail en imaginant le pourquoi et le comment de certaines situations elliptiques.

L’écriture est agréable, précise, l’atmosphère du début des années 60 parfaitement distillée et les personnages bien campés. On relèvera, pour l’anecdote, que deux personnages secondaires de ce bon roman, Darcey et Montfort, ont donné leurs noms à deux des personnages principaux de A Paris! mais avec…, l’album jeunesse que Thierry Dancourt cosigne avec Nathalie Infante.

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