Fake News lémaniques, par Antoine Exchaquet, Tcho Berthe éditions

Quand ton ancien patron publie un roman pamphlétaire consacré à ton milieu professionnel, forcément, tu te jettes dessus. J’y suis donc allé de mes 27,50 francs suisses. Le roman d’Antoine Exchaquet nous narre les tribulations d’une journaliste pigiste, «libre» comme on dit dans le métier. Liberté toute relative, les temps sont durs. La plume d’Antoine Exchaquet est vive, parfois mordante. L’auteur passe au crible de la «newsroom» (comme on dit en bon français) l’actualité très récente, de la présence de Donald Trump à Davos à l’initiative No Billag, en passant, c’est le centre du propos, par les restructurations qui frappent les titres de la presse romande et suisse.

Si on rit beaucoup en lisant les pages d’Antoine Exchaquet, les journalistes qui prendront la peine de les lire riront plutôt jaune. Car leur métier (notre métier) est en péril, voire en voie de disparition. Si le regard est critique, il n’est jamais amer, ni désabusé, encore moins cynique. Fake News lémaniques démontre que le journalisme, à l’instar de nombreux autres métiers, est en pleine mutation. Que les journalistes ont beaucoup de peine à prendre le recul nécessaire pour analyser leur propre situation. Qu’il n’y a (presque) plus d’éditeurs romands. Pollués par le politiquement correct, l’absence des moyens nécessaire à un vrai journalisme d’investigation, les médias romands d’aujourd’hui sont les suiveurs d’un monde politique lui-même en pleine dérive.

La critique est sévère, mais juste. La raison peut-être pour laquelle aucun média n’a jugé bon de consacrer quelques lignes au roman d’Antoine Exchaquet. Seul le site de 24 heures (sa partie commerciale, pas la partie rédactionnelle) propose l’ouvrage à un prix préférentiel pour les abonnés du quotidien.

Fake News lémaniques, par Antoine Exchaquet, Tcho Berthe éditions, 2018, 137 pages

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