Un jour en ville, par Daniel Tschumy, Bernard Campiche éditeur

Un jour en ville est un beau roman d’amitié et de mémoire. Loïc, le narrateur, sort de l’hôpital où il a déjeuné avec Robin, son ami d’adolescence dont les cheveux ont désormais blanchi. Robin s’exprime avec difficulté et Loïc le trouve affaibli malgré la présence de ses filles qui lui apporte un peu de sérénité.

Après sa visite, Loïc ne rentre pas immédiatement chez lui. Il a négocié ce bel après-midi d’automne avec sa femme. Parti de la station Fourmi du métro lausannois, Loïc va arpenter trente-cinq années de sa vie, passées avec ou sans Robin, à travers les rues de Lausanne, la ville étant sans conteste le personnage central de ce premier roman.

Il y a l’itinéraire parcouru, jalonné de souvenirs, mais aussi ceux de la mémoire, ceux sur lesquels Robin a initié Loïc à la course à pied. Vingt années durant, ils ont rituellement couru ensemble, deux fois par semaine, jusqu’à ce que la maladie rattrape Robin, obligeant Loïc à mener le train. A l’époque, les deux amis se comparent à leurs idoles, Sebastian Coe et Steve Ovett dont la rivalité marque les Jeux Olympiques de Moscou, en 1980, et de Los Angles quatre ans plus tard. «Who says I am finished now?» Cette phrase, prononcée par Sebastian Coe après sa victoire sur 1500 mètres à Los Angeles devient un totem pour les deux adolescents. «Qui a dit que j’étais fini?» Ils l’utiliseront pour célébrer leurs propres victoires. Pas le victoires sportives, non! Mais leurs victoires sur une vie qui ne les a pas épargnés. Parcours de mémoire, la promenade de Loïc est aussi l’itinéraire de sa résilience: «je me suis arcbouté dès le lendemain sur la nécessité de ne pas flancher en allant de l’avant.»

Avec son air de ne pas y toucher, cette promenade littéraire plonge au plus profond de l’intimité de deux adolescents devenus quinquagénaires. Deux amis qui ont traversé, le plus souvent ensemble, les difficultés d’une vie à cheval sur deux siècles. Un très bon premier roman.

Un jour en ville, par Daniel Tschumy, Bernard Campiche éditeur, 2017, 177 pages

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