Bande originale de De ça je me console, par Lola Lafon
BANDE ORIGINALE , ROMAN / 11 janvier 2018

Roman rendant hommage à la grâce d’un père disparu, un père capable de vous envoyer à Rome, puis à Paris pour que vous échappiez à la Roumanie de Ceausescu, De ça je me console offre également une bande son de qualité. Un écrivain habite dans la même maison qu’Emylina : «il écoute les Stones avec moi dans la cuisine en faisant des beignets de courgettes». La sœur d’Emylina aime les chevaux et pleure leur mort dans les films : «Ma sœur pleurait la mort des chevaux (Il s’appelait Stewball), de tous les chevaux qui tombaient dans tous les films parce que, et elle me chantonnait ça, tremblante de ce qu’elle prononçait: « Une fois qu’ils tombent, on les abat, je te jure, ils meurent pour le film »». Emylina classe les morts en deux catégories : «Les morts d’actualité, certains touchants dans leur anonymat, même si je ne les rencontrais qu’une fois morts, leur vie racontée dans les quotidiens» et puis «Les morts qui l’avaient toujours été de mon vivant, aimables et tendres comme Sid Vicious, Audrey Hepburn et Nijinski.» Emylina note dans un cahier ce qu’elle croit comprendre de son amie italienne: «(J’ai relu récemment, ç a donne: Musique: « Radiohead, Jeff…

Nina Simone, par David Brun-Lambert, éditions Flammarion
BIOGRAPHIE , CRITIQUE / 30 juillet 2017

A force de croiser ses chansons dans de nombreux romans (à commencer par En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut), j’ai voulu en savoir davantage sur Nina Simone. Ce d’autant plus que je savais qu’elle avait vécu à Genève, au Lignon semble-t-il, dans le dénuement, et que je l’avais croisée dans le hall d’un hôtel montreusien, visiblement déboussolée, en marge du Montreux Jazz festival. Je me suis donc plongé dans l’excellente biographie publiée par mon confrère David Brun-Lambert chez Flammarion en 2005, biographie qui fait encore référence, quatorze ans après la disparition de la diva. L’ouvrage de David Brun-Lambert permet de comprendre toutes les dimensions de Nina Simone, née Eunyce Waymon à Tryon, petite ville de Caroline du Nord. Très vite initiée au piano, Eunyce bénéficie du soutien de sa professeure qui détecte rapidement un talent majuscule. Afin d’aider la fillette à progresser, un fonds de soutien est créé, chose rare dans cette Amérique ségrégationniste, fonds qui doit permettre à la jeune artiste de réaliser le rêve de sa mère et de sa professeure de piano: devenir la première concertiste classique noire au monde. Eunyce, pour qui Bach et Mozart n’ont plus de secrets, passe le concours d’admission du Curtis Institut, mais…