Nous serons des héros, par Brigitte Giraud, éditions Stock

Un père mort dans le geôles de Salazar et l’exil vers la France, vers Lyon, en train. Pour Olivio, c’est un changement de vie, de monde, de langue. Mère et fils peuvent compter sur l’hospitalité de Luis et Lydia, le temps que la mère trouve un travail, puis un logement. Lorsque c’est chose faite, Max entre dans la vie d’Olivio et, surtout, dans celle de sa mère. Max est pied-noir, il a dû fuir l’Algérie. Le couple se trouve des souvenirs de sud à partager, jusqu’à un certain point. A Lyon, Olivio rencontre Ahmed. Lui aussi vient d’Algérie, mais il n’est pas du même bord que Max. Olivio a pour Ahmed une attirance ambiguë, une sorte d’amitié amoureuse.

Survient la Révolution des œillets, ce fameux 25 avril 1974. Il est alors question pour Olivio et sa mère de retourner au Portugal, avec Luis et Lydia. Mais max s’y oppose. Olivio partira donc seul sur les traces de son père, près de la forteresse où il a été détenu et au cimetière où il repose. Il partira aussi à la découverte de sa sexualité, repoussant les avances de sa cousine Linda et ressentant de plus en plus douloureusement l’absence d’Ahmed.

Brigitte Giraud aborde avec talent la question de l’exil, des éxils. Qu’est-ce qu’être étranger en son pays, en sa terre d’accueil, en sa famille, en sa sexualité. Se pose au fil des pages la question de ce qui constitue une identité, de la valeur et de la force des repères et de la difficulté à s’émanciper. Un très bon roman.

Nous serons des héros, par Brigitte Giraud, éditions Stock, 2015, 197 pages

Nous serons des héros, par Brigitte Giraud, éditions J’ai Lu, 2016, 190 pages

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