La vie princière, par Marc Pautrel, éditions Gallimard

Un séminaire dans une vaste et riche propriété. Chaque participant est logé dans une maison individuelle et, chaque soir, un dîner rassemble les invités. C’est là que le narrateur rencontre L***, une belle et volubile Italienne.

«C’était imprévisible, au début je n’étais pas attiré par toi, puis je me suis senti comme collé, comme tissé à toi […]». Le narrateur écrit à celle qui a déjà quitté le domaine et à qui il n’est pas parvenu à déclarer sa flamme. Il lui fait part, dans le détail, des sentiments et des émotions qui l’ont traversé lors de leurs dîners (elle était toujours assise à côté de lui) et de leurs promenades.

Comment tombe-t-on amoureux? C’est sans doute un mystère propre à chacun. Mais en soixante-sept pages, Marc Pautrel nous en livre un des possibles agencements. Il nous fait ressentir, avec beaucoup de finesse, la montée en puissance de l’amour naissant. L’état amoureux s’installe, dissout la gêne, ouvre le champ des possibles, délie les langues et les gestes.

Roman parfaitement contemporain (on y reçoit des appels de ses parents sur un téléphone portable), La vie princière provoque cependant chez le lecteur la sensation d’être projeté hors du temps. Le somptueux décor n’y est pas étranger, certes, mais la force du sentiment amoureux donne à cette brève histoire une intemporalité, et donc une universalité étonnante.

La vie princière c’est, bien sûr, celle que vivent les participants à cet opulent séminaire. C’est surtout celle de ce moment si particulier où vous savez que si l’autre vous aime en retour, vous devenez le roi ou la reine du monde.

Jubilatoire.

La vie princière, par Marc Pautrel, éditions Gallimard, 2018, 67 pages

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