Black Whidah, Par Jack Küpfer, Olivier Morattel éditeur

Nous sommes à la fin de l’année 1808. Gwen Gordon embarque à bord de l’Antares, heureux de pouvoir reprendre la mer et d’échapper ainsi à ceux qui ont déjà pendu son ancien patron. Le capitaine Porteiro l’engage pour sa connaissance des langues et sa pratique de la mer. Direction Whidah où l’Antares doit charger une cargaison d’esclaves. En 1808, les idées de la Révolution française se sont répandues et Gordon se sent «véritablement dans la peau d’un homme ayant le devoir, comme le désir, de lutter contre l’oppression, sous quelque nom qu’on l’exerce».

Ce devoir et ce désir vont se manifester alors que Gordon, le capitaine Porteiro et le docteur Caldeira se trouvent chez le «chefe» Da Costa et sa charmante compagne Paula. Séduit par Paula, mais ulcéré par les propos des trois hommes, Gordon quitte la demeure de son hôte et marche dans la forêt, s’approchant ainsi de la zone où on lui a fait jurer de ne pas se rendre. Rejoint par Paula, qui lui demande de l’emmener loin de l’horrible Da Costa, Gordon continue à s’enfoncer dans la végétation, guidé par les plaintes d’un enfant qu’il veut à tout prix sauver. Découvrant l’enfant, il est soudain confronté à une panthère qui se transforme en femme, la Mambo qui lui déclare : «j’ai toujours su que ta destinée allait un jour se confondre avec la mienne, ainsi qu’avec celle de mon peuple», ce qui annonce probablement les deux prochains volumes de la trilogie de Jack Küpfer. Gordon et Paula réussissent à fuir, mais, en pleine mer, à bord d’une frêle embarcation et en compagnie de deux autres marins, ils sont confrontés à une épouvantable tempête provoquée par des forces obscures.

Superbe roman d’aventure, dans la plus pure tradition, Black Whidah est aussi une interrogation sur la foi, son pouvoir, son utilité. «Il y a ceux d’entre nous qui ont la foi et ceux qui refuseront toujours de l’avoir» est d’ailleurs la première phrase du roman. Vaste réflexion sur le bien et le mal, ce livre, écrit dans une langue somptueuse (Jack Küpfer est aussi poète), interroge le lecteur sur sa propre posture face à Dieu et le confronte à ses parts les plus sombres.

Black Whidah, par Jack Küpfer, Olivier Morattel éditeur, 2014, 264 pages

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