Bande originale de Chaleur, par Joseph Incardona

Avec Chaleur, Joseph Incardona nous raconte donc l’histoire des deux finalistes des quatre dernières éditions du Championnat du Monde de Sauna, la quatrième et dernière faisant l’objet du roman. Un titre va jouer un rôle très important dans la dernière partie du roman, il va même accompagner l’action jusqu’à son point culminant. Ce titre apparaît dès la page 54: «Il monte dans son pick-up, conduit pieds nus, en jeans et T-Shirt. Roule en écoutant AC/DC, allume une cigarette, cette chanson où il est question d’un type au cœur foudroyé par le corps des filles trop belles, il roule dans les méandres de la terre spongieuse de Finlande, là où le continent hésite entre la terre et l’eau, entre la nuit et le jour. Entre la solitude et l’abandon.»

Joseph Incardona jette un regard sans concession sur la société du spectacle, ce monde où le bruit de fond prend toute la place aux mots. Page 70: «Autour d’elle, dans la lumière tamisée, des femmes chuchotent. Elle préférerait le calme mais, de toute façon, la musiquette en fond sonore Relaxing chill out s’échappant d’enceintes invisibles ajoute à la pollution sonore».

Chaleur fait aussi monter la température au fil de quelques scène de sexe plutôt réussies, avec l’ambiance sonore appropriée. Page 74 : «On entend l’eau couler dans la baignoire ainsi que les premières notes de Let’s Groove, de Earth, Wind & Fire que Loviisa a sélectionné sur son smartphone.»

Joseph Incardona fait aussi montre d’une bonne connaissance du rock nordique. Page 89: «Musique locale. Children of Bodom. Elle classerait ça dans la catégorie Heavy metal hystérique.»

On approche du dénouement, la finale du Championnat du Monde de Sauna. Page 133 : »Les choses sérieuses commencent. Le riff. Le riff d’Angus Young. La musique excite. Mord. Thunderstuck. Les baffles tremblent. La clameur répète: foudroyé, foudroyé. foudroyé.»

Et ça monte en puissance, page 134: «La version longue de Thunderstuck: 9’52 ». On en est à moins de deux minutes trente avant le top. Le deejay fait durer l’intro sur le riff, le public scande thunder

Jusqu’au quasi dénouement, page 135: «La voix de Brian Johnson attaque le premier couplet. L’histoire de ce type sur les rails, toujours lui, surpris par les filles et l’éclat de la lumière, surpris par la fougue et la rage de la vitesse, ces coups de pied dans le néant qui vous font croire que vous êtes immortel. Foudroyé, foudroyé, foudroyé.»

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