Lettres à Joséphine, par Nicolas Rey, éditions Au Diable Vauvert
AUTOBIOGRAPHIE , EROTIQUE , ROMAN / 24 février 2019

Il est regrettable que quatre-vingt pour cent des lecteurs de romans soient des lectrices. Car les hommes, et même ceux d’un certain âge pour ne pas dire d’un âge certain, trouveraient à se nourrir de ces Lettres à Joséphine. On connaît le penchant de Nicolas Rey pour les romans autobiographiques. On ne s’aventurera pas à deviner le degré autobiographique de celui-ci, même si le signataire des lettres n’est autre que Nicolas Rey. Mais on en appréciera la justesse de ton et la très probable sincérité. Qu’est-ce que la passion. L’auteur va en chercher une superbe définition chez Brautigan : «Il comprit pendant ce trajet que le monde se divisait en deux catégories antinomiques. Ce fut pour lui une illumination, une découverte. Non pas les riches et les pauvres, les dominants et les dominés, ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ne l’ont pas. Cela, ce sont des catégories secondaires, bien visibles, non essentielles, quasiment anecdotiques dont la première raison d’être est d’occulter la véritable partition de la réalité. Non, le monde se divise entre ceux qui vivent l’urgence et la beauté suffocante d’une folle passion et ceux qui ne vivent pas l’urgence et la beauté suffocante, étourdissante, obsessionnelle d’une folle…

«Arrête avec tes mensonges», par Philippe Besson, éditions 10/18
CRITIQUE , ROMAN / 4 janvier 2018

A l’occasion de la sortie en poche du magnifique roman de Philippe Besson, je vous en repropose la critique. «Arrête avec tes mensonges». La mère de Philippe Besson disait «mensonges» plutôt qu’«histoires». Philippe Besson a en effet la capacité de forger des histoires qui savent nous séduire, roman après roman. Mais s’il est effectivement écrit «Roman» sur la page de garde d’«Arrête avec tes mensonges», c’est bien d’un récit dont il s’agit ici, un récit autobiographique. 1984, Philippe Besson a dix-sept ans. Bon élève, il est aussi souvent moqué par ses camarades en raison de son allure, de ses vêtements, de ses manières. C’est le temps également où il prend pleinement conscience de son orientation sexuelle. Pas si simple dans un petit village de Charente. C’est encore moins simple pour Thomas Andrieu, à qui le livre est dédié, fils de paysan appelé à reprendre l’exploitation familiale. C’est l’histoire d’un premier amour que nous raconte avec brio Philippe Besson, un grand amour qui couve sous le désir adolescent. Au sein de cette paire, qui ne peut pas être un couple, qui ne peut pas se vivre au grand jour, c’est Thomas qui fixe les règles: ne jamais se montrer, ne jamais…

«Arrête avec tes mensonges», par Philippe Besson, Editions Julliard
AUTOBIOGRAPHIE , CRITIQUE , ROMAN / 20 janvier 2017

«Arrête avec tes mensonges». La mère de Philippe Besson disait «mensonges» plutôt qu’«histoires». Philippe Besson a en effet la capacité de forger des histoires qui savent nous séduire, roman après roman. Mais s’il est effectivement écrit «Roman» sur la page de garde d’«Arrête avec tes mensonges», c’est bien d’un récit dont il s’agit ici, un récit autobiographique. 1984, Philippe Besson a dix-sept ans. Bon élève, il est aussi souvent moqué par ses camarades en raison de son allure, de ses vêtements, de ses manières. C’est le temps également où il prend pleinement conscience de son orientation sexuelle. Pas si simple dans un petit village de Charente. C’est encore moins simple pour Thomas Andrieu, à qui le livre est dédié, fils de paysan appelé à reprendre l’exploitation familiale. C’est l’histoire d’un premier amour que nous raconte avec brio Philippe Besson, un grand amour qui couve sous le désir adolescent. Au sein de cette paire, qui ne peut pas être un couple, qui ne peut pas se vivre au grand jour, c’est Thomas qui fixe les règles: ne jamais se montrer, ne jamais en parler, à personne! Avec des mots parfois crus, Philippe Besson expose pourtant avec beaucoup de finesse l’apprentissage du…